Espace
Affirmer une continuité, clarifier un espace
Entre le Louvre et le Carrousel, la librairie-boutique occupait une position floue. Un espace dense, fragmenté, sans frontière claire entre le musée et son environnement commercial. Dans un lieu aussi stratégique, il devenait nécessaire d’affirmer une position : faire de la librairie-boutique un espace pleinement Louvre.
Développée avec le Grand Palais Réunion des Musées Nationaux, concessionnaire du lieu, le projet de réhabilitation prolonge la marque, son exigence et son langage.
Le noir en devient le principal vecteur. La librairie-boutique devient la dernière pièce du musée.
Enlever avant d’ajouter
Le projet commence par une action directe : enlever. Les pointes existantes, qui encombraient l’espace visuellement et physiquement, sont supprimées. Les garde-corps opaques, qui masquaient le premier étage, sont remplacés par des dispositifs transparents. La passerelle est resserrée pour libérer les perspectives et redonner de la présence au volume. Ce travail de soustraction permet de retrouver de la lisibilité, d’ouvrir les vues et de révéler les différents niveaux. Le niveau haut redevient visible et attractif. Il devient une destination à part entière, intégrée au parcours, accueillant les moulages, l’offre de chalcographie et la librairie.
Un cadre-parenthèse comme structure
De cette simplification naît un élément unique : un cadre-parenthèse. Déployé sur toute la hauteur, il devient un véritable fond architectural. Un support mural capable d’accueillir différents contenus et de se transformer dans le temps, notamment grâce à l’usage de cartons alvéolaires en remplacement des adhésifs.
Ce dispositif est décliné à différentes échelles : fonds de vitrines, supports au-dessus des tables, éléments de mobilier. Il organise l’espace, structure les parcours et met en valeur les contenus. Il fait écho à l’architecture du Louvre autant qu’à l’univers du cadre.
S’aligner avec l’architecture de Ieoh Ming Pei
Le projet est reconstruit à partir du lieu. Les espaces sont réorganisés en lien direct avec l’architecture originale de Pei. Les lignes de force existantes sont retrouvées et prolongées. Le mobilier accompagne cette organisation : il est déployé en diagonale pour s’inscrire dans cette logique et renforcer les perspectives. L’ensemble devient cohérent parce qu’il est à nouveau aligné avec son architecture.
Le noir comme outil et comme signature
Le noir est une composante centrale du projet. Appliqué à l’ensemble des éléments neutres, il agit en négatif : il met à distance pour mieux "eclairer" les contenus. L’offre gagne en lisibilité et en valeur.
Mais le noir est aussi un marqueur. Il affirme une présence, donne une unité et renforce l’identité du Louvre dans un espace qui en manquait. À la fois fond et structure, il éclaire autant qu’il cadre.
Faire du neuf avec du déjà-là
Le projet s’appuie sur l’existant. Mobilier réemployé, bois restauré, éclairages transformés : chaque élément conservé est réactivé. Les anciens luminaires sont relampés puis réinstallés ou adaptés en dispositifs mobiles, prolongeant leur usage tout en améliorant leur performance. Ce qui est ajouté est sobre, durable, modulable.
MOA : Le Louvre / Grand Palais Réunion des Musées Nationaux
Equipe MOE :
Studio 5•5 - Mandataire
Richez Associés / ACFI / Concepto / MDS / Clarity